Le blues de l’intersaison, ça vous parle ?
Les couleurs d’automne peuvent être spectaculaires, mais ne vous attendez pas forcément à être d’humeur aussi lumineuse. Pour beaucoup, cette période de l’année s’accompagne d’un petit coup de blues. Le soleil est plus bas, le calendrier des sorties estivales s’est allégé et notre énergie quotidienne peut nettement diminuer.
Pour celles et ceux qui vivent en montagne, la transition peut être encore plus marquée : les journées raccourcissent, les lieux de rencontre ferment pendant la pause entre deux saisons et, quand on aime les poussées d’adrénaline, le début de la saison de ski semble désespérément loin.
Le blues de l’intersaison et la neurochimie
En tant que professionnelle de la santé mentale, je peux vous dire que ce que vous ressentez n’est pas « juste dans votre tête » : votre biologie y participe. Quand l’intersaison s’installe dans les villages de montagne, deux phénomènes importants se produisent dans notre organisme :
- La baisse de sérotonine : les journées plus courtes et les ombres plus longues en montagne réduisent l’exposition au soleil. La sérotonine, qui contribue à réguler l’humeur, peut naturellement diminuer, tandis que la mélatonine augmente — avec cette impression d’être constamment prêt à dormir.
- La chute de dopamine : les activités estivales pleines d’adrénaline — vélo, escalade, course en sentier, randonnée ou simples retrouvailles entre amis au soleil — procurent de belles doses de dopamine. Quand elles s’arrêtent brusquement avant le retour des sports d’hiver, le cerveau peut réagir comme s’il traversait une période de manque.
Trois conseils pour traverser cette période
1. Normalisez ce que vous ressentez
Si votre moral a baissé, rappelez-vous que votre corps réagit naturellement : ce n’est pas un échec personnel. Votre cerveau et votre corps fonctionnent par cycles, pas sur un état d’euphorie permanent. Au cœur de l’été, votre organisme tourne à plein régime : davantage de lumière, une activité physique soutenue et une vie sociale bien remplie. À l’automne, la diminution soudaine de la lumière et du mouvement crée un déficit d’énergie. Il est physiologiquement irréaliste d’attendre de vous, fin octobre, la productivité et l’enthousiasme du mois d’août.
Le changement de perspective : voyez cette période plus calme comme une réinitialisation délibérée de votre système nerveux. Votre cerveau s’adapte à un rythme moins énergique. Il fonctionnera plus lentement. Accordez-vous le droit d’accueillir ce rythme.
2. Faites de la lumière votre rendez-vous quotidien
En montagne, la durée du jour diminue rapidement. Cette baisse perturbe votre rythme circadien et peut entraîner une production accrue de mélatonine — qui favorise la somnolence — ainsi qu’une diminution de la sérotonine.
Le changement de perspective : sortez dans les 30 à 60 minutes qui suivent votre réveil, même par temps couvert. La lumière naturelle du matin, perçue par les yeux, aide à synchroniser votre horloge interne et à limiter la mélatonine pendant la journée.
3. Trouvez des sources de dopamine plus douces
Si votre été était consacré au VTT, au trail ou à d’autres activités intenses en plein air, votre cerveau peut ressentir le manque de ces fortes doses de dopamine. Consulter le calendrier et compter les semaines avant le ski ne fait qu’accentuer cette frustration.
Le changement de perspective : au lieu de vous forcer à retrouver de l’énergie, tournez-vous vers des sources de dopamine plus douces, comme le fait d’achever une tâche. Le cerveau libère de la dopamine non seulement dans la recherche de sensations fortes, mais aussi lorsqu’on termine une tâche avec attention. Faire un grand ménage, entretenir son équipement, farter ses skis ou organiser ses affaires d’hiver apporte un sentiment concret d’ordre et la satisfaction tranquille du travail accompli. Pensez aussi aux activités qui demandent peu d’effort au départ : marche, yoga — en tant que professeure de yoga, je suis bien sûr convaincue que c’est un remède idéal — séances de sauna ou natation.
En définitive, traverser le blues de l’intersaison ne consiste pas à lutter contre soi-même en faisant semblant d’avoir de l’énergie. Il s’agit de reconnaître le changement, de comprendre que votre esprit y réagit naturellement, puis d’adapter vos habitudes à un rythme plus lent. Respectez cette pause et rappelez-vous : la neige arrive.
Nathalie Kealy
Coach en bien-être mental | Professeure de yoga
Instagram : @value_your_mind
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Podcast Spotify : Calm Mind Confident Life
Nathalie Kealy est infirmière en santé mentale, professeure de yoga et de méditation, et coach individuelle. Depuis plus de 15 ans, elle accompagne les personnes dans leur bien-être émotionnel. Fondatrice de Value Your Mind, dont les retraites ont été citées par The Guardian parmi les dix meilleures retraites d’Europe, elle associe psychologie et pratiques réparatrices pour aider chacun à apaiser le stress et l’anxiété, dans le corps comme dans l’esprit. Nathalie propose des cours de yoga privés et un accompagnement individuel pour favoriser le bien-être et l’épanouissement personnel.